Cette grande brindille avec ses grandes feuilles rousses qui perloient de-ci de-là, non sans laisser presque toujours passer un large, très large sourire... c'est une fille, un garçon manqué, une femme, une volcanique, une timide, une culottée.

Pour résumer, c'est un être de toutes les couleurs, un peu tornade : ou je parle fort, ou je me tais, mais c'est jamais pour rien.

Hyper-réactive, hyper-sensible, hyper-crevée, hyper-active ... Nadia est une hyper "être humaine". Qui va vite quand elle ne dort pas ; finalement, elle est assez facile à comprendre, si on sait la regarder.

Dans ses images d'elle-même, je la retrouve très bien. 

Ce qu'elle ne dit pas, ce qu'elle s'enferme dans des vieilles choses, ce qu'elle gagne de libertés chèrement bataillées. Gagnées sur la vie, parfois sur certaines personnes, parfois sur une seule personne, qui souvent suffit à tout faire tomber.

Je l'ai toujours vue se relever, toujours avançant en apprenant de ses chutes.

Elle a soif d'idéal, s'étanche sur des pages blanches, maquille sa pudeur et retourne l'arme contre elle. 

Elle ne se montre pas pour faire joli, mais plutôt parce qu'elle en a besoin. 

C'est simple, il y a des soirs comme ça où il le faut.

Un conseil : laissez-vous embarquer, c'est ce qui peut vous arriver de mieux, à tout prendre, venant d'une guerrière poudrée de terre.


Sophie Thouvenin, photographe



Il y a, dans ce travail photographique de Nadia Wicker, la dimension éclatante d’une exceptionnelle beauté qui relève quasi de la peinture.

De la ligne à la surface, de la courbe à la suggestion, de la rare couleur à son absence, tout ici est quête graphique d’une sculpturale et picturale forme multiple de la conception plastique du visage.

La face est alors explorée en tant que territoire, tantôt en la suggestion, celle de l’obscurité – entre la sérénité et l’inquiétude – tantôt en l’immédiate lumière immaculée. 

Le grain de l’image ne laisse ainsi aucune place à ce qui eut pu conduire à la superficielle facilité de l’exercice : en effet, chaque cliché n’est jamais cliché ; la présentation est toujours pertinente représentation !

Or, la pertinence du propos tiens justement à l’extraordinaire diversité du tracé dans lequel les mondes – derrière et devant – ces visages ne cessent de s’ouvrir à nos regards : il ne reste plus qu’à notre propre imagination à s’engager ensuite dans une possible histoire – multilatérale, presqu' infinie et à inventer – de ces frimousses superbes.

Nadia Wicker est une artiste d’exception parce qu’elle ne triche pas : en effet, sa démarche authentique trouve réponse quant à la question du portrait ! Quel portrait ? Celui qui – au fur et à mesure – dévoile la richesse de l’aspect, du contour, du plein... d’une figuration configurée mais sans cesse ouverte.


Eric Kaija Guerrier, musicien



Je suis ami avec Nadia depuis de nombreuses années. Il y a deux ou trois choses que vous devez savoir d'elle.

Nadia Wicker est rousse. 

De cette couleur atypique elle tire un caractère bien trempé qui la pousse à ne jamais accepter la moindre compromission. 

En photo, comme dans la vie, il n’y a pas de demi-mesure. 

Elle est très heureuse ou très triste. 

De l'adversité et de ses malheurs, elle nourrit son art. 

Telle l’Orchidée, elle a parfois besoin d'être maltraitée pour mieux fleurir.

Nadia Wicker a beaucoup d'amis. 

Il suffit de la rencontrer pour avoir envie de le devenir. 

Pourtant sur ses séances, elle travaille seule. 

De la direction artistique aux maquillages, en passant par la lumière et les retouches, elle endosse tous les rôles. 

Telle une acrobate sur le fil de sa séance, elle passe de l’un à l’autre avec aisance.

Invité à partager l’une de ses séances, j’ai eu la chance d’assister à ce ballet. 

Nadia ne se ménage pas, je suis surpris par l'intensité de son interprétation. 

Elle creuse jusqu’à s’en faire mal et ce n’est qu’à bout de souffle qu’elle finit par s’arrêter.

Nadia Wicker rit beaucoup. 

Elle rayonne, en toutes occasions, de tout temps, en tous lieux. 

Derrière cette apparente légèreté se cache un coeur à fleur de peau qui sait reconnaître sa part sombre.

Elle sait chercher en elle même des sentiments enfouis profondément et les inscrire dans ces images dont elle seule a la clef mais qu’elle souhaite aujourd’hui partager avec nous.


Sébastien Vincent, photographe



Que dire de Nadia? C’est une artiste, une vraie.

De ceux qui longtemps se sont cherchés, voir torturés, gravés de doutes permanents et existentiels, et qui finalement se sont abandonnés malgré eux à déclencher ce qu’ils ont de plus animal, de plus basique : leur art. 

Celui qui vous parle instinctivement, qui n’a besoin pour exister d’aucune explication. 

Comme une évidence qui vous frappe et vous emporte. 

Une violence mêlée de douceur, un esthétisme empreint de vérité.

C'est ce que je ressens lorsque je vois le travail de Nadia. 

Il s’agit d’une recherche permanente pour livrer au final de l’art brut, expression d’une passion innée, d’une résonance vitale...

J’aime, j’aime ces photos, ce rapport à l’image, son image mais en même temps celle d’une autre, qu’elle veut à chaque fois différente et pourtant si proche, son approche et son rythme, son talent... celui d’une jeune artiste qui porte en elle les promesses d’un futur éclatant...


Grégory Cohen, réalisateur



«Mon maquillage est complètement loupé, je dois tout reprendre», «Mes lumières sont ternes bon sang», «Quelle pose de godiche sur celle là !».

Vous savez ce qui empêche ces questions d’apparaitre dans la création de la fille aux cheveux longs ? C’est le brio. 

Une tendance insolente très développée chez cette photographe, maquilleuse, modèle, et plein d’autres trucs d’artiste. 

Tout à la fois, si, promis.

Et si être multiple ce n’était finalement pas si effrayant qu’annoncé ? Être seul et plusieurs, à la fois et en même temps. 

Ca ne mettra pas à l’aise les étiquettes, les casiers, les habitudes, les routines. C’est sûr. Ca va même peut-être faire enrouer le conservatisme, qui sait ?On ne sait pas toujours, finalement, ce que ca va donner. 

C’est ça le risque du talent. 

C’est qu’il fait naître le doute tant qu’on n’est pas confronté à la preuve par trois. 

On ne peut dissiper ce doute que par l’action. 

Mais agir c’est se dévoiler, et pas qu’un peu. 

Parce qu’honnêtement, si une chose ou une autre ne fonctionne pas, ne mûrit pas, ne touche pas sa cible, tout tombe à l’eau. 

Et l’intransigeance de l’art rend l’eau glaciale.

Imaginons donc un instant la quantité de risques pris, et la quantité de glaçons qui attendent sagement en contrebas une Nadia polymorphe et multitâche, pouvant tout faire, et tellement bien.

Nadia Wicker, rousse à crinière. 

Dotée d’une capacité à briller dans des domaines différents et complémentaires. 

Sans jamais rendre un résultat égotique ou décliné. 

Avec une justesse incroyable, elle change de visage, de formes, de couleurs, en restant pudique et distante. 

Elle incarne chaque personnage sans fausse note, au coeur d’un travail global, soigné de fond en comble, précis, palpable.

On la découvre dans ses autres, dans des alias parallèles, tout au long d’une série d’autoportraits élaborés et remarquables.

Finalement, le risque du talent, c’est peut-être de délivrer son art avec tant de brio qu’on arriverait à se cacher derrière, avec un mélange de pudeur et de malice. 

Dissiper le doute et interpeller jusqu’à la question : mais c’est une seule et même personne qui fait tout ?


Dandy Tery, musicien




Dans une pièce d’ici ou d’ailleurs, elle s’affaire, elle s’active, elle imagine et elle rêve… 

Dans la pièce où, d’ailleurs, elle laisse l’acte créateur s’emparer de l’être qu’elle est, les anges spectateurs tiennent dans leurs mains des curiosités, des impulsions…

Imaginons une pièce sombre, étonnamment sombre, opaque et peut-être inquiétée. 

Imaginons qu’un mince filet de lumière parvienne à s’immiscer, d’ici ou de là, par ici ou par là… Que se passerait-il ? 

Est-ce l’obscurité qui s’échapperait ou la lumière qui s’infiltrerait ?

Nadia… Être comme tant d’autres sculpté dans un bloc d’ombres et de lumières. 

Être multi-tâches, avec fougue et foi souvent ébranlée mais toujours ressuscitée qui a laissé la création la faire.

Je n’ai pas à émettre d’avis : « j’aime, je n’aime pas…». 

J’ai juste à rester là, spectateur, et à recevoir en plein coeur les émotions de ces tableaux, de ces visages. 

Les émotions alors ont libre accès : elles sont diverses, fougueuses et aiguisées pour certaines, paisibles et sucrées pour d’autres...


David Wicker, mon frère

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